Partager l'article ! Ségolène Royal, un "rien politique" ?: Une tribune de "Marianne" écrite par Elie Arié a retenu toute mon attention ; logiquement excèssive, le fo ...
Jean-Louis Bianco l’a annoncé, et on s’en serait douté : Royal s’est durablement installée dans sa stratégie « en marge du PS » :
- le « tourisme politique » dans un premier temps (investiture d’ Obama sans y être invitée, Guadeloupe, Porto Alegre pour la photo avec Lula, Dakar malgré le refus du Président Wade de la recevoir),
- les coups des« pardon au nom de la France » (même si celui de Zapatero a considérablement gâché celui, assez réussi, du pardon à l’ Afrique),
- il y aura sans doute d’autres gadgets.
Bien entendu, cette stratégie est à usage purement interne : ces voyages ne servent évidemment à rien pour la France, Royal n’a aucune légitimité pour parler ou demander pardon « au nom de la France », etc., mais ceci n’a aucune importance.
Cette stratégie a un double objectif
1 - s’imposer dès à présent, dans l’inconscient collectif, mais surtout dans l’inconscient de ceux qui auront à voter en 2011 pour désigner le candidat du PS à la Présidence, en « Présidente-bis » : technique connue depuis longtemps par les publicitaires, et certainement imposée par eux ;
2 - être toujours au centre de l’actualité, autre grand principe de la publicité (« parlez-en en bien ou parlez-en mal, peu importe, l’important est que vous en parliez », ou, comme disait Edgar Faure aux journalistes : « l’article, je m’en fous ; mais la photo, je la veux grande »).
La cible de cette stratégie n’est ni Sarkozy, ni les Français, mais les militants, et, si c’est le cas, les sympathisants, qui auront à désigner leur candidat en 2011.
Elle pose un problème difficile au PS, car il ne peut :
- ni se désolidariser ouvertement de quelqu’un qui attaque Sarkozy (même de façon grotesque, comme dans l’affaire Zapatero)
- ni se ridiculiser en approuvant toujours ce type d’attaques
- ni, surtout, renoncer définitivement à faire de la politique sérieusement pour se cantonner au show médiatico-publicitaire qui n’a aucune chance de déboucher sur une victoire aux Présidentielles.
La question, pour Royal, est de savoir si cette stratégie, à la longue, se révélera :
- rassembleuse, condition sans laquelle il n’y aura pas de victoire électorale possible, même pour la désignation à la candidature
- ou de plus en plus « clivante », continuant à éloigner d’elle des socialistes dont la liste serait maintenant trop longue à dresser , et dont elle ne pourra se passer
- et si elle ne donnera pas, à la longue, une image de Royal peu fiable, peu sérieuse, imprévisible, peu rassurante : en un mot, inéligible.
C’est évidemment la dernière hypothèse qui est la plus probable : mais, depuis qu’elle a été battue au Congrès de Reims, Royal n’a pas d’autre stratégie à sa disposition : « périssent les maigres chances du PS de remporter la Présidentielle de 2012 plutôt que mes chances d’en être la candidate »
Il ne faut pas, pour autant, nous dispenser de ce cruel constat
Royal, c'est notre punition, c'est le résultat des années de dérive politique de la gauche. Royal, c'est la créature qui a jailli de la faillite du socialisme français, assassiné en ce qui concerne mon courant de pensée (chevènementiste) dans les années 90 lorsque Jospin a concédé le match nul face à la « deuxième gauche ». Du vide sidéral qui a succédé à « la fin des idéologies », rien de politique ne pouvait émerger. Ce « rien politique », nous avons, c'est Ségolène Royal.
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