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Aussi rose que vert, aussi vert
que rose, je n'ai jamais caché mes combats politiques. En premier, celui de la démocratie, de la liberté de parole, du non verrouillage des idées, en deuxième, celui du respect de notre
planète et du retour progressif à une production et une consommation locales et raisonnées enfin, combats pour un monde solidaire, un monde dont les fossés se combleraient et non se
creuseraient comme c'est actuellement le cas.
Ce sont les raisons qui me font, un jour parler d'écologie, un autre de liberté, un autre encore d'actions solidaires.
Aujourd'hui, un article extrait de "Terra Eco" dans lequel Daniel Boy analyse la "durabilité "du succès de "Europe
Ecologie" et des Verts dans le paysage politique français.
Belle analyse ; bravo à Terra Eco comme à M. Daniel Boy.
Terra Eco : http://www.planete-terra.fr/
Christian Dépret
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Terra eco : Comment expliquez-vous le succès d’Europe Écologie aux dernières européennes ?
Daniel Boy : Il s’explique d’abord par une poussée des considérations environnementales dans un
contexte de réchauffement climatique. Il y a quelques années en France, celui qui voulait mettre des panneaux solaires sur sa maison était vu comme un original. Maintenant ce n’est plus
absurde, il y a des tarifs, des structures, on peut revendre l’électricité à EDF. Des voies de passage concrètes se sont ouvertes et ont rendus plus pragmatique ce qui paraissait utopique.
Europe Écologie a profité de cette évolution. Ils ont aussi réussi à diluer l’image traditionnelle de l’écologie politique. Les Verts ont longtemps souffert en France parce qu’ils
paraissaient divisés, peu organisés. Europe Écologie est au contraire parvenu à un accord assez large entre les mondes politiques et associatifs. Ils ont fait passer une image d’apaisement,
d’union. C’était d’autant plus utile que le parti socialiste en face était divisé. Mais ce n’est pas la première fois que les écologistes font des percées. Et il y a eu des mouvements
contraires. Il faut maintenant savoir si ce succès correspond simplement à un phénomène cyclique ou s’il sera durable.
Que doivent-ils faire pour transformer l’essai des européennes ?
Leur prochain défi, ce sera les élections régionales de mars. Avant toute chose, il faudra régler le problème des listes. Aux
européennes, on avait huit listes et sur chacune d’entre elles, un ou deux candidats potentiellement éligibles. Les régionales c’est autre chose. Les Verts ont décidé d’aller seuls à ce
scrutin. Il faudra donc qu’ils trouvent 22 têtes de liste crédibles, avec une certaine notoriété et une aptitude à la gestion. Ça risque d’être difficile. D’autant que les meilleurs sont
partis siéger à l’Europe. En Ile-de-France, Jean-Vincent Placé, le chef de file des Verts, est sûrement un homme très compétent mais personne ne le connaît. A l’inverse, Nicolas Hulot est
connu mais il n’est pas fou, il n’ira pas au scrutin. Il faudra aussi qu’ils réussissent à gérer leurs alliances, notamment avec le monde associatif. Les négociations risquent d’être
difficiles mais ce n’est pas impossible. Ce qui est sûr c’est qu’ils auront tout intérêt à garder l’idée d’une coalition. Ils pourraient nommer leur liste Région Écologie par
exemple...
Les Verts risquent-ils beaucoup en se présentant de façon autonome aux régionales ?
C’est un pari. La dernière fois, seul un tiers des Verts s’était présenté de façon autonome. Et à Paris, ça leur avait coûté leur
place au sein de la majorité. Ils devront de toute façon négocier avec le PS au second tour. Et s’ils arrivent en deuxième position, ils auront du mal à obtenir des présidences de région. Le
PS ne sera pas prêt à leur lâcher l’Ile-de-France. Peut-être le Sud-Est où Les Verts sont assez fort ? En tout cas, le scrutin des régionales sera un galop d’essai pour les législatives.
Le moment d’apprendre à négocier. Car en 2012, ils devront s’entendre avec le PS avant même le premier tour s’ils veulent avoir une chance de faire élire leurs députés. Pour pouvoir se
présenter et faire barrage à la droite, un candidat vert devra montrer qu’il a une chance de remporter plus de voix que le PS [seul le candidat remportant plus de 50% des voix est élu dans ce
scrutin de type majoritaire]. Ce qui n’était pas le cas aux dernières élections. Et pour s’allier, les Verts et le PS devront trouver un accord électoral mais aussi un programme commun. Or,
s’ils sont d’accord sur beaucoup de choses, ils ne le sont pas sur le nucléaire. Cohn Bendit rêve de 30 députés élus aux prochaines législatives. Mais ça risque d’être
compliqué.
Cohn Bendit a-t-il un rôle à jouer ?
Il a prouvé dans la campagne qu’il avait une capacité à mettre les gens d’accord, une certaine hauteur de vue. Aujourd’hui, il dit
qu’il veut être le "parrain". A mon avis, c’est une bonne idée. Il doit continuer à donner un coup de main, srvir de conseiller et faire le lien entre les différents
courants.
Peut-on imaginer un jour un bon score des écolos à la présidentielle ?
Le vote vert se compte très mal à ce niveau. Simplement parce que depuis 2002, les gens optent plutôt pour un vote de précaution. Ils préfèrent voter PS pour que le scénario du 21 avril ne se reproduise pas avec un Front National qui parvient au second tour. A la présidentielle, Les Verts présentent toujours un candidat un peu emblématique qui remporte 3 ou 4% des voix. En 2012, ce sera sans doute le tour de Cécile Duflot.
Ne nous y trompons pas : les Verts, sans Cohn-Bendit, et sans le battage médiatique finement orchestré par Sarko, les médias complices et l'UMP, c'est 3 à 6% au niveau national, et 1% au niveau local dans le Var...
Toutefois, ce constat évident de doit pas empêcher le PS de se remettre en cause, à commencer par Aubry et sa majorité hétéroclite qui n'a rien fait depuis 6 mois et qui nous promet le changement et un projet dans les 6 prochains mois...